Qui suis-je

Je me rends compte que je parle finalement très peu de moi. De qui je suis, de mon histoire, de ce qui m’a amenée jusqu’ici… Et pourtant, je crois qu’il est important, même si je suis quelqu’un de très pudique, de me présenter un peu plus à vous. Parce que derrière mon travail d’éleveuse, derrière chaque chien, chaque portée, chaque choix et chaque projet, il y a une histoire, beaucoup de passion, mais surtout énormément d’engagement.
Je suis née en 1992, un jour de novembre où il faisait bien froid. J’ai grandi dans une famille qui aimait profondément les animaux. J’ai toujours été entourée de chiens, et notamment chez mes grands-parents, chez qui je passais énormément de temps.
Mon grand-père était passionné par les animaux. J’étais souvent accompagnée de leur Colley, Dandy, et je crois que c’est là qu’une partie de ma passion est née.
Et puis il y avait Dupsy, le caniche blanc de ma tante et de mon parrain. Lui, c’était quelque chose ! Il était complètement fou amoureux de moi. Quand j’étais avec lui, personne ne pouvait m’approcher… surtout dans mon lit ! Personne ne rentrait dans ma chambre. C’était mon protecteur, mon petit ange gardien.
J’ai aussi eu la chance d’avoir des parents qui ont su écouter cette passion et comprendre que le parcours scolaire classique ne me correspondait pas. Puis mon beau-père est arrivé dans nos vies. Même s’il n’était pas particulièrement passionné par les chiens, il a, lui aussi, entendu ce besoin que j’avais de vivre ma passion.
C’est ainsi que j’ai intégré la MFR Le Village de Saint-André-le-Gaz, pour préparer un BEPA élevage canin et félin. Nous étions la dernière promotion à connaître le BEPA en deux ans et le bac en deux ans, avant les changements de cursus. Cette école a été une étape immense dans ma vie.
C’est également à cette période en 2008 que j’ai commencé mes stages en élevage. Notamment dans un élevage de Yorkshire Terriers en Haute-Savoie, l’élevage des Alexanies. Et je me souviens surtout de leurs trois Dobermans… Je crois que c’est à ce moment-là qu’est née ma fascination pour cette race, qui m’a ensuite conduite jusqu’à ma magnifique Nira. Nira nous a malheureusement quittés il y a maintenant trois ans. Un véritable déchirement.
Puis est arrivé un autre stage en 2009. Celui qui, sans doute, m’a le plus forgée et construite : l’élevage de l’Orée des Charmois, tenu par Mme Bernard. Aujourd’hui, nos chemins ont pris des directions différentes et nous avons connu des désaccords. Mais malgré tout, je ne pourrai jamais assez la remercier pour ce qu’elle m’a transmis. Je ne serais probablement pas l’éleveuse que je suis aujourd’hui sans cette formation.
Elle n’était pas tendre avec moi, loin de là , mais elle m’a appris énormément. Et tout ce que j’ai appris à cette époque continue encore aujourd’hui de faire partie de ma manière de travailler.
À 18 ans, j’ai eu mon premier chien : Bower, Brown Bower de l’Orée des Charmois, un Berger Australien. Malheureusement, quelques mois seulement après son arrivée, alors que nous étions partis en vacances, il a été victime d’un grave accident. Cet accident a complètement bouleversé mes projets de jeune fille qui rêvait d’élevage, d’expositions canines et d’agility. Je ne pouvais malheureusement plus pratiquer tout ce que j’avais imaginé.
Et puis, quelques mois plus tard ,ou peut-être un an, ma mémoire me joue des tours ! est arrivé mon tout premier Teckel, mon Howen. De son vrai nom Harry du Pays des Longues Oreilles, un mâle standard arlequin bleu.
Avant d’élever du Teckel, j’ai pourtant commencé par élever du Berger Australien. Sûrement parce que j’avais grandi avec cette race à l’élevage de l’Orée des Charmois. Pour moi, c’était donc assez naturel de me diriger vers elle. Je connaissais les lignées par cœur, je connaissais les chiens, je connaissais leur fonctionnement, leur caractère, leurs qualités et leurs défauts. Tout me semblait familier. Et puis, quelques années plus tard, j’ai compris, malheureusement peut-être un peu trop tard, que cette race ne me correspondait finalement pas du tout.
C’est à ce moment-là que le Teckel a commencé à prendre une place de plus en plus importante dans ma vie. Mon petit couple de Teckels m’apportait énormément. Leur personnalité, leur façon d’être, notre relation… Je me suis rendu compte que je trouvais auprès d’eux quelque chose qui me correspondait profondément. Et c’est comme ça que l’élevage de Teckels a commencé. Avec Howen, j’ai découvert le Teckel autrement. Nous avons fait de l’agility, un peu d’obérythmée, de longues balades, des expositions… et surtout, j’ai eu avec lui ma toute première portée de Teckels.
Howen était un chien extraordinaire. Il nous accompagnait partout, dans toutes nos aventures. Puis, lorsque le nombre de chiens a commencé à augmenter, il a continué sa vie auprès de ma maman, car je sentais qu’il était moins épanoui dans mon quotidien. Il nous a malheureusement quittés à la suite d’un accident vétérinaire, il y a quelque temps. Son départ a été douloureux. Mais c’est aussi grâce à lui qu’existe aujourd’hui toute cette passion pour le Teckel.
À l’époque, je n’avais jamais imaginé qu’un jour je regretterais de ne pas avoir gardé un descendant … La vie nous apprend parfois les choses un peu tard.
J’ai aussi beaucoup voyagé. Je n’ai pas fait le tour du monde, loin de là, mais j’ai eu la chance de découvrir plusieurs pays. Et non, je ne suis pas partie pour faire du tourisme. Je suis partie pour cette passion. Toujours cette passion. Pour faire des expositions, aller en saillie, rencontrer des éleveurs, aller chercher des chiens… Finalement, je crois que si je partais quelque part sans penser aux chiens, je m’ennuierais tellement je ne suis pas habituée à voyager autrement.
J’ai fait énormément de concours et j’ai eu la chance de présenter de nombreuses races. Du Cocker au Berger Australien, en passant par le Teckel, le Chihuahua, le Doberman ou encore le Fila de São Miguel.
Et justement… parlons en du Fila de São Miguel, parce que je ne vous en ai pas encore parlé. Le Fila de São Miguel est arrivé dans ma vie à travers mon ancien conjoint, avec qui j’ai commencé l’élevage. La race était présente chez Mme Bernard, à l’Orée des Charmois.
À cette époque, j’avais mes reproducteurs en Berger Australien et en Teckel, et lui avait ses femelles Fila de São Miguel.
C’est une race passionnante. Une race incroyable, avec laquelle j’ai énormément appris. Et j’en ai toujours une à la maison aujourd’hui : ma chère Jamaica, qui a maintenant 12 ans.
Je n’ai cependant pas continué à élever cette race, notamment en raison de la complexité génétique, mais aussi parce que c’est une race que les gens comprennent parfois très mal. Elle demande une vraie connaissance, une vraie compréhension et surtout beaucoup de respect. Mais elle fait partie de ces races qui sont entrées dans ma vie et qui ont laissé leur empreinte.
Tout comme la dernière race arrivée chez nous aujourd’hui… Les Dalmatiens.
Ah, mes Dalmatiens… Je crois que je les attendais depuis 1992 ! Ma maman m’avait tellement conditionnée avec cette race quand j’étais petite… Entre les tapisseries Dalmatiens, la parure de lit, les vêtements, les peluches… et même le cartable ! Il ne manquait plus que les vrais chiens. Et pourtant, ce n’est qu’après mes 30 ans que j’ai enfin eu mon premier Dalmatien. Storm. Mon Stormy. Un chien exceptionnel.
Aujourd’hui, je n’élève pas de Dalmatiens. Je découvre cette race, j’apprends, j’observe et je prends le temps de la comprendre. Et une fois encore, je découvre une race extrêmement intéressante et complexe, notamment sur le plan de la santé, de la diversité morphologique et du type, qui peut être complètement différent d’un élevage à l’autre. Le manque d’épaules, les différentes constructions, les choix de sélection…
Tout cela est passionnant et me donne encore énormément de choses à apprendre. Parce que je suis comme ça.
Je suis quelqu’un de passionné. L’élevage me fait vibrer. C’est l’histoire de ma vie. Même si, parfois, je me retrouve à me demander :
« Mais pourquoi je fais ce boulot ? »
« Pourquoi est-ce que je suis assez folle pour m’infliger ça ? »
Parce que oui… C’est dur. Oh oui, c’est dur. C’est épuisant.
Parce que oui, élever du vivant, c’est avoir la responsabilité de vies. Et quand on a la responsabilité d’autant de vivants, cette responsabilité est immense. C’est énormément de joie. Énormément d’amour. Un amour sans limite.
Mais c’est aussi beaucoup… Beaucoup… Beaucoup de stress.
Chaque naissance, chaque décision, chaque maladie, chaque urgence, chaque départ, chaque inquiétude… tout nous touche. On ne peut pas simplement « fermer la porte de l’élevage » et passer à autre chose.
Parce que derrière cette porte, il y a des êtres vivants dont nous sommes responsables. Et malgré les nuits sans sommeil, les inquiétudes, la fatigue, les moments où l’on doute et où l’on se demande pourquoi on continue… Je continue.
Parce que c’est ma passion. Parce que c’est ce qui m’anime. Parce que derrière toute cette difficulté, il y a aussi des moments extraordinaires, des rencontres incroyables, des naissances, des victoires, des regards, des chiens qui changent une vie… Et surtout, cet amour immense qui fait que, malgré tout, je recommence chaque matin.
C’est ça, mon élevage. Ce ne sont pas seulement des chiens. C’est une vie entière consacrée au vivant.
Alors voilà. Aujourd’hui, vous en savez un peu plus sur moi. Vous savez d’où vient mon amour des animaux, pourquoi les chiens ont toujours occupé une place si importante dans ma vie, comment le Teckel est arrivé dans mon quotidien et pourquoi ce métier représente tellement plus pour moi qu’un simple travail. Derrière chaque chien, il y a une histoire. Derrière chaque portée, il y a des années d’apprentissage, des rencontres, des joies, des épreuves, des pertes, des remises en question… et surtout, beaucoup d’amour.
Merci à ceux qui prennent le temps de me suivre, de découvrir mon univers et de partager cette aventure avec moi. Et maintenant que vous savez qui je suis… bienvenue un peu plus dans mon monde.
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